Animations autour de la gestion de l’eau ici et ailleurs

 

Cette année, les WaterSkiingThe Windsor sisters_CC_BY_Ted Van PeltSemaines de la solidarité internationale à Nantes, portées par la Maison des Citoyens du Monde avaient pour thème : « Des alternatives pour un monde plus juste ».
Des alternatives, oui, mais dans quels domaines ? Parce qu’il en existe des milliers ! Le choix a été fait de se concentrer sur 3 thèmes : l’eau, les médias et  la finance.

En complément d’un programme très riche (expositions, conférences, projections, cafés citoyens…) et pour toucher un public différent, la Maison des Citoyens du Monde propose aux lycées du département des animations pédagogiques en éducation à la solidarité internationale.

La proposition cette année d’un jeu de rôle autour de l’eau a fait mouche, puisque cette thématique est au programme des classes de Seconde. Nous sommes donc intervenues, au titre de la Maison des citoyens du monde, au lycée Jean Perrin à Rezé et au lycée La Perverie à Nantes.

Durant l’intervention, nous avons eu l’occasion de faire réfléchir les élèves des classes de seconde de ces deux lycées sur la gestion de l’eau ici et ailleurs, avec leurs différences mais aussi leurs points communs. Tout un programme donc pour ces trois heures. Nous nous sommes d’abord dégourdi les neurones avec quelques petites questions générales sur l’eau :

  • Quel pourcentage d’eau y a-t-il sur Terre ?
  • Et quel pourcentage d’eau potable ?
  • À quoi sert l’eau au quotidien ?
  • Combien un Français consomme-t-il d’eau en moyenne chaque jour ?

Essayez d’y répondre sans l’aide de votre moteur de recherche préféré, et retrouvez les réponses en fin d’article ! 😉

Avec ces quelques connaissances de base et les infos qu’ils avaient déjà dans leur cartable grâce à la sensibilisation des professeurs avant notre intervention, nous avons pu leur proposer de faire un jeu de rôle autour de la question de la gestion de l’eau. Et donc d’abord, place au jeu !

Nous avons ensuite réparti les élèves en deux groupes : l’un partait à Saint-Laurent du Var, commune touristique des Alpes-Maritimes, l’autre à Tentemlel, en Mauritanie. Dans les deux cas, la commune doit faire face à de nombreux problèmes liés à l’eau, disponible en quantité insuffisante au vu de l’augmentation massive de la population (exode rural en Mauritanie, afflux touristique en été en France), et de qualité médiocre, avec des problèmes de pollution, qu’elle soit industrielle, agricole (liée à l’utilisation de pesticides) ou dûe aux eaux usées des villes.

Chacun incarne un personnage : maire de la ville, association représentante des habitants, association écologiste, grand groupe privé de gestion de l’eau, ingénieur de l’Agence de l’eau, agriculteur… Toutes les personnes concernées par cette question de l’eau sont représentées lors de cette réunion de concertation, situation imaginaire de notre jeu de rôle.
Chacun doit s’approprier son rôle. Ce n’est pas toujours évident : difficile de s’imaginer être ingénieur hydrologue quand on sait à peine en quoi consiste ce métier, pas simple de se glisser dans la peau d’une Mauritanienne contrainte à la corvée quotidienne d’eau quand on n’a qu’à ouvrir le robinet chez soi. Difficulté supplémentaire, il s’agit ici de bien comprendre la position de son personnage par rapport aux autres, et les arguments à défendre dans le débat. Il faut donc à la fois bien s’approprier sa fiche personnage, mais aussi y mettre sa touche personnelle.

De notre côté, après avoir aidé les élèves à s’approprier leur rôle, nous avons lancé le jeu de rôle et endossé le rôle d’ animatrices d’une réunion à la mairie, pour accompagner le débat sur la manière de mieux gérer la ressource en eau sur la commune. Réunis à la demande du maire, les différents protagonistes exposent leurs difficultés quotidiennes liées à l’eau, et les solutions que chacun propose : faut-il un nouveau forage ? Un barrage ? Une nouvelle usine de traitement des eaux ? Quelles économies peut-on faire ? Comment limiter la pollution de la ressource ? Qui doit gérer l’eau au quotidien, une grande entreprise privée ou une structure publique ? Une eau potable, en quantité suffisante, oui, mais à quel prix pour les usagers ? Les 40 minutes de débat permettent de voir que tout le monde n’a pas le même avis, que chacun a ses « bonnes raisons », mais qu’il va falloir nécessairement se mettre d’accord pour une gestion optimale de ce bien commun.

Le retour en grand groupe permet de se rendre compte que les problématiques sont les mêmes malgré des modes de vie très différents. Dans un pays dit du Nord, avec un système collectif de gestion de l’eau, sophistiqué et industrialisé, comme dans un pays dit du Sud où chaque habitant se débrouille au jour le jour, les usagers sont confrontés aux mêmes questions. Les conséquences au quotidien sont moins dramatiques quand il existe des systèmes de gestion et de surveillance : la pression au robinet peut baisser, la baignade être interdite, mais les habitants ne passent pas une grande partie de leur journée à aller chercher de l’eau, et ne sont pas victimes de maladies hydriques aux conséquences graves voire mortelles. Mais le fond du problème reste commun. Les activités polluantes impactent toute la population, chaque catégorie d’usagers doit veiller à consommer l’eau de manière responsable, et le choix de la structure gérante n’est pas anodin : faut-il tout confier à une grande entreprise privée guidée par la recherche du profit ? Faut-il mettre en œuvre un comité d’usagers, ou confier la gestion aux pouvoirs publics ?
Revenus dans leur vie quotidienne de lycéens ligériens, les élèves s’interrogent : qui gère l’eau dans ma commune ? Et si je ne sais pas qui s’en charge, comment puis-je avoir l’information ? Et vous, le savez-vous ?

Quel que soit le mode de gestion choisi, l’eau reste une prérogative du maire : c’est lui qui en est responsable juridiquement. Les citoyens peuvent donc exiger de leurs élus que l’eau soit gérée en toute transparence, et selon un mode de gestion qui leur convient. Les municipales sont dans quelques mois, alors n’hésitez pas, vous, citoyens, à interpeller les candidats sur ce sujet !

Les réponses aux questions sur l’eau :

  • Quel pourcentage d’eau y a-t-il sur Terre ? L’eau représente 70 à 75 % de la surface de la Terre : la « planète bleue » n’est pas une exagération !
  • Et quel pourcentage d’eau potable ? L’eau douce représente 3 % de l’eau disponible sur Terre, mais à peine 1 % est consommable, le reste nous est inaccessible (glaciers…)
  • À quoi sert l’eau au quotidien ? Se laver, faire le ménage, la vaisselle, boire, faire la cuisine… Mais aussi et surtout produire nos aliments, puisque 60 à 80 % de l’eau consommée est utilisée par l’agriculture
  • Combien un Français consomme-t-il d’eau en moyenne chaque jour ? 150 L par jour et par personne. Les États-uniens sont à une moyenne de 400 L. L’Organisation mondiale de la santé recommande un minimum vital de 25 L par jour et par personne.
Crédit image : Flickr, CC_BY Ted Van Pelt