Lutter contre les discriminations à Brest

En octobre 2016, Semer a été contacté par Céline Ziwes, sociologue, formatrice et illustratrice graphique, pour intervenir à Brest autour de la question de la lutte contre les discriminations.

Cette journée s’inscrivait dans le cadre de la formation délivrée par Céline tout au long de l’année à des professionnel.le.s du monde éducatif et social brestois.

Les objectifs étaient de :

  • Partager l’expérience de Semer autour des démarches participatives
  • Découvrir et s’approprier des méthodes permettant la mise en œuvre de ces démarches
  • Développer les compétences professionnelles d’empathie et de subjectivité dans le traitement de la lutte contre les discriminations

Nous avons proposé pour cette journée d’aborder la question et les outils du débat en proposant de faire une définition collective et un partage de retours d’expériences, puis d’aborder la question du territoire à travers une carte sensible et un jeu de rôles.

Un débat sur le débat

Débattre sur le débat suppose définir ce qu’est le débat. Nous avons donc invité les participant.e.s à se positionner devant des définitions affichées aux murs. Répartis en petits groupes, chacun a exposé son choix, puis chaque groupe a exposé son positionnement aux autres.

« Les débats les plus violents ont toujours eu lieu entre des doctrines ou des dogmes
très peu différents. » Paul Valéry

Un débat est une discussion, souvent organisée et généralement animée, entre plusieurs personnes qui exposent des avis, des idées ou des opinions différentes, voire contradictoires sur un thème donné. Dictionnaire Larousse

Étymologie : du verbe débattre, composé du préfixe dé-, exprimant l’intensité, et de battre, issu du latin battuere, battre, frapper, rosser. Dictionnaire Larousse

Le débat argumenté, qui fait écho au caractère délibératif de la démocratie, constitue un exercice de citoyenneté à part entière. Il permet ainsi d’aborder de grandes questions morales et de faire l’expérience d’une décentration de son propre jugement. Référentiel Éducation Nationale

Le débat doit permettre à chacun.e à la fois d’être informé.e et de prendre la parole sur le projet. Les arguments entendus et les questions soulevées enrichissent le projet afin de l’adapter au mieux au contexte dans lequel il s’inscrira. debatpublic.fr

Le débat vise la recherche d’un compromis/consensus sur fond de divergence des points de vue, voire de conflit, ce qui a pour corollaire l’acceptation de ces désaccords. Toutefois, il ne doit pas entretenir l’idée que toutes les opinions se valent. Référentiel Éducation nationale

« N’engage pas de débat lors d’un dîner car celui qui n’a pas faim aura le dernier mot. »
Richard Whately

« Un adversaire politique n’est pas un ennemi ; c’est un partenaire du débat démocratique. »
Ségolène Royal

« La liberté d’opinion est une farce si l’information sur les faits n’est pas garantie et si ce ne sont pas les faits eux-mêmes qui font l’objet du débat. » Hannah Arendt

« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir. » Bernard Werber

Carte sensible et jeu de rôles

Dans un second temps nous voulions interroger les participant.e.s sur leur territoire et les dynamiques sociales qui le traversent. Nous avons alors proposé un jeu de rôle et la création d’une carte sensible. A l’aide de cartes personnages tirées du jeu « Le pas en avant »,  chaque stagiaire a rempli un questionnaire, lui permettant ainsi de se mettre à la place d’une personne. Pour guider le jeu, chaque personne devait réfléchir aux lieux fréquentés, volontairement ou non, et les lieux évités par leur personnage.

Armé.e.s de 4 gommettes, ils.elles ont ensuite situés ces lieux sur une carte :

  • Lieux où il.elle va
  • Lieux où il.elle ne va pas
  • Lieux où il.elle aime aller
  • Lieux où il.elle n’aime pas aller

Ici, les participant.e.s ont pu se poser des questions sur leur territoire, sur l’accessibilité et/ou l’ouverture de certains lieux à certains de ces personnages incarnés, que peu de lieux sont des lieux « neutres », ouverts à tou.te.s – quid de l’espace public. Mais il a aussi été question des clivages territoriaux entre le/les centre(s) et la/les périphérie(s), des frontières historiques et symboliques, marquant le sentiment d’appartenance de l’ensemble des habitant.e.s d’un territoire, et donc ses déplacements, ses représentations sur un « eux.elles » et un « nous », ses projections du « proche » et du « loin ».

Le jeu de rôles invite à devenir acteur.rice, à prendre part à une réflexion déjà en cours avec un regard neuf, permettant ainsi d’être pleinement participant.e. En incarnant des personnages, les participant.e.s sont amené.e.s à se projeter, à imaginer autre chose, en partant d’eux.elles et de ce qu’ils.elles savent de leur personnage. Le jeu devient alors une invitation à faire un pas de côté et pousse à prendre du recul par rapport à ses certitudes, le temps d’une partie.

Céline Ziwes

Avec une expérience de 10 ans dans les collectivités locales en pilotage des politiques publiques de jeunesse, d’égalité et de lutte contre les discriminations, Céline accompagne des collectifs de professionnel.le.s et d’habitant.e.s dans une perspective de transmission des savoirs et de changement social. Avec l’illustration, elle développe une approche complémentaire, hybride entre compétences artistiques et intervention sociale. Sa formation en sciences politiques et expertise de l’action publique l’amène à intervenir principalement dans les champs liés aux politiques publiques et aux projets citoyens.

Pour la contacter : Céline ZIWES ce.zede@yahoo.fr