Solidays 2013

 

Et puisqu’il faut commencer quelque part, nous avons fait nos premiers pas d’animatrices professionnelles aux Solidays.

 solidays2013

Paris, hippodrome de Longchamps, forum des associations. Rencontre avec François et l’AFD* qu’il représente. Derniers calages avant l’arrivée des festivaliers. Curieux de tout, avides de nouveautés, ils se ruent sur tout ce qui interpelle leur regard. Ce regard qui se pose souvent sur nous et nos panneaux « D’accord » et « Pas d’accord » que nous arborons en guise d’identité. Envie de se positionner, envie d’en savoir plus aussi sur qui nous sommes. Alors nous expliquons, que ce soit le débat mouvant ou l’AFD.

Au gré de nos interpellations : « Le développement, c’est bon pour l’avenir ? », nous déambulons à la rencontre de ce public ravi de prendre la parole. Les questions s’enchaînent jusqu’à ce que les graines que nous sommes venues semer se mettent à germer. Puis ils picorent et s’en vont vers d’autres pancartes, vers d’autres propositions.

Et nous reprenons notre route… avec dans notre sac quelques outils magiques qui nous permettent d’interpeller ceux des festivaliers qui n’auraient pas envie de débattre, qui sont prêts à « jouer mais pas à disserter ». Selon les envies et la disponibilité, nous proposons de gagner des droits au travers d’un jeu de rôle. « Qu’est-ce qu’il y a à gagner ? ». Éternelle question… À gagner : le droit de savoir, de se rendre compte visuellement et émotionnellement ce que signifient les inégalités d’accès aux droits.

Ligne de départ de "Qui veut gagner des droits ?" inspiré du jeu "Un pas en avant".

Ligne de départ de « Qui veut gagner des droits ? » inspiré du jeu « Un pas en avant ».

Selon les dynamiques de groupe et les lieux, nous proposons de changer le monde en deux minutes en retournant une bâche sur laquelle ils sont tous. Selon l’enthousiasme et le niveau sonore, nous proposons de se positionner sur des sujets de société : « L’écologie est une affaire de riches » ou « Il vaut mieux ne rien donner que donner n’importe quoi » ou bien « Le changement, c’est pour les utopistes ! ».

Après quelques expérimentations, nous nous établissons au « Bout du monde ». Lieu isolé, bulle arborée à l’écart de la plaine de l’hippodrome, bulle de détente dans l’agitation des concerts. Les festivaliers y viennent se poser… ou se laisser prendre au(x) jeu(x) que nous venons leur proposer. Que ce soit en acceptant de participer ou en regardant le jeu de la table où la discussion s’arrête momentanément. Que ce soit en venant nous demander après coup qui nous sommes ou en débriefant du jeu entre ami(e)s. C’est ce que nous observons lorsque nous traînons un peu à ranger nos outils ou que nous laissons traîner nos oreilles autour de nous.

Le « Bout du monde » devient vite le lieu privilégié de nos animations : débats, jeux, discussions… l’envie de participer et l’enthousiasme des réflexions dessinent des sourires sur les visages qui nous entourent, nous rassurent sur nos choix, et nous poussent à continuer plus avant.

Jusqu’au dimanche… fin de festival, chaleur caniculaire… l’enthousiasme des deux derniers jours a disparu derrière la fatigue et l’indifférence. Nos invitations sont donc rarement suivies et les discussions souvent écourtées, ce qui nous amènent à douter… avant de rebondir. Branle bas de combat : on fait une pause. Nous nous posons sous un arbre, repassons en revue les réactions des festivaliers et les outils que nous avons en poche et nous nous décidons à tenter le tout pour le tout : « Et si on faisait un porteur de parole ? ». Banco, ça joue. Nous installons la ficelle entre deux arbres, notons la question sur une feuille : « Pour moi, la solidarité c’est… » et invitons les festivaliers à partager ce que cette question leur évoque. Anecdotes perso, en lien avec les Solidays ou pas, pensées philosophiques, définitions métaphysique ou élan du cœur… À leur guise. Et la mayonnaise prend : les paroles s’accumulent, s’accrochent les unes après les autres et tapissent bientôt la ficelle et offrent en cadeau le spectacle de ces témoignages. Quel beau cadeau ! Difficile de finir de plus belle façon. Merci.

Ficelle du "Porteur de paroles" complétée par les témoignages et anecdotes des festivaliers

Ficelle du « Porteur de paroles » complétée par les témoignages et anecdotes des festivaliers

De ces trois jours, il reste cette énergie que nous avons trouvée auprès de tous les participants. Il reste aussi quelques notes de musique. Et ces quelques phrases :

« C’est sympa de créer du débat entre les gens »

«  Y a qui on est [comme personnage] et y a comment on se sent [en tant que personne] »

«  C’est une bonne manière pour aborder les droits, c’est ludique »

« Changer le monde c’est mieux de le faire que d’en parler »

« C’est sympathique et en plus on échange avec les gens qui sont à côté de nous à table »

* Agence Française de Développement